Penser de manière inacceptable, comme si un mur de mensonge fondait autour de vous. Sortir de soi même, se rapproprier son espace, son temps. Ne pas voir les autres, ne pas leur ressembler, en faire des marionnettes conscientes, les inviter à la fête tout en les invitant à retirer leurs chaussures. Fermer les yeux et se souvenir de la première fois où l'on a appris à marcher. C'est un miracle, être étonné de ce prodige.
Penser de manière inacceptable c'est ne plus penser du tout ou d'intégrer sa pensée à soi-même devenir animal. Mourir sans expression sur le visage comme la bête abattue dans la forêt. Risible de parler de dignité, causons animalité, l'esprit étalé sur tout le corps, l'homme dans sa pleine puissance.
Penser de manière inacceptable, c'est déjà hors-sujet...
lundi 9 janvier 2012
mercredi 14 septembre 2011
piano militaire
De la morale ? De de la Justice ? De la pureté ? Tu ne trouveras de cela ici. Si tu cherches à être pur alors tu t'es trompé de monde...
lundi 5 septembre 2011
Prendre la train en Freud
Le Moyen-Age est un canular ! Comment ça ? tu n'étais pas au courant ? Ca n'a jamais existé, le présent rien que le présent. D'ailleurs les phrases s'écroulent et disparaissent une fois lus.
vendredi 2 septembre 2011
self service et punkroutine
Assis à même le sol, le capitaine du bateau observe des passagers.Deux hommes assis à même le sol, fumant une cigarette avec un gobelet de café à côté d'eux. Il eut un regard intense pour ses hommes promis au feu. Il se dit qu'ils n'ont pas de bouches comme il s'imagine les personnages de Conrad, des hommes sans bouches, parlant par l'attitude.
Il regarde ces hommes muets, peut être qu'une fois montés sur son bateau il n'y avait plus rien à dire.
Le capitaine ne croit pas en l'intériorité, selon lui nous sommes tous superficiels, le comportement et les sentiments humain ne sont que des ornements, des parures souvent sans éclat que nous portons. Pourtant ces deux hommes tranquilles étaient devenus l'inquiétude, il ne parlait pas mais ils s'étaient réincarnés en peur. Aucun dialogue ne s'était instauré entre eux, peut être ne se connaissaient-ils pas avant d'embarquer.
Appuyé sur la rambarde du pont supérieur, la capitaine arrêta de les scruter, il rentra dans cabine, s'installa dans son fauteuil, pris le livre sur sa table basse, c'était Lord Jim. "Décidément je ne suis entouré que d'homme sans bouche, c'est ma malédiction" mais celle des hommes qu'il transporte est bien plus grande...
vendredi 19 août 2011
ballon d'air
Le père disait :
Tu as soif de connaissance, tu ne cesses de lire, d'apprendre, de t'émerveiller, tu es curieux de tout, comprendre est ta prière. Tu veux tout savoir, tu le répètes souvent et moi j'ai ce silence à la fois gênée et plein de fierté, mon fils n'est pas commun. Mais je suis tout de même peiné; tu es si seul, toi et tes livres, tu sors peu ou alors pour marcher longtemps parfois la journée, tu creuses ta tombe et tu ne construis pas de pont.
Tu as soif de connaissance, tu ne cesses de lire, d'apprendre, de t'émerveiller, tu es curieux de tout, comprendre est ta prière. Tu veux tout savoir, tu le répètes souvent et moi j'ai ce silence à la fois gênée et plein de fierté, mon fils n'est pas commun. Mais je suis tout de même peiné; tu es si seul, toi et tes livres, tu sors peu ou alors pour marcher longtemps parfois la journée, tu creuses ta tombe et tu ne construis pas de pont.
vendredi 12 août 2011
Se dodeliner en marchant sur des serpents
Je regarde mes camarades, des petits crépuscules, des vérités eschatologiques, des fins du monde que ces tronches là. Nous ne sommes pas arrivés, pas encore, c'est ce que je déteste dans un voyage : quand on arrive, les épaules, les bras tombent, la main droite accrochée à la valise, un pays que je ne connais pas, les regards braqués, une pesanteur d'enfer. C'est pour cela que nous avons la tête baissée, il ne faut y voir ni honte ni humilité seulement une pesanteur infernale, tout l'inconfort possible...
vendredi 22 juillet 2011
J'espère qu'il me fuit
Même le loup a ses moments de faiblesse, auxquels il se met du côté de l'agneau et pense : j´espère qu´il me fuit.
Adolfo Bioy Casares
Cela fait six mois que je n'ai pas eu de nouvelles d'Emma, je ne m'inquiète pas. Au départ j'étais dans un terrier et une pellicule de tristesse s'était déposée sur ma peau, elle faisait partie de moi, elle n'était plus une anomalie du comportement : je n'étais pas triste, j'étais la tristesse. Pas de démonstration, les larmes ne viennent pas, les cris non plus et la colère n'en parlons pas. Au départ je suis resté chez moi à lire ses livres pour comprendre qui elle était, ces auteurs anglo-saxons qu'elle aime tant: Woolf, Austen, James, Dillard, Fante, Kerouac. Comprendre quelqu'un à travers ses lectures est chose périlleuse, on est tenté de tout interpréter par ce prisme et de tomber dans la psychologisme. Je pose donc Mrs Dalloway sur le sol, arrêtant cette traque absurde par la littérature. Je peux entrevoir pourquoi elle est attirée par les anglo-saxons néanmoins mais ça n'explique pas pourquoi elle est partie.
A la suite de cela, j'ai décidé de partir à sa recherche, voir les endroits où elle a vécu, où elle a aimé vivre, où nous sommes allés. Je commence même à prendre plaisir à cette poursuite bien qu'elle ne joue pas à disparaître et qu'elle ait pris unilatéralement la décision de s'en aller. Je suis comme le loup de Casares: je souhaite la revoir mais par faiblesse et aussi par peur j'espère qu'elle me fuit.
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